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Heurs et malheurs du couvent Sainte-Catherine de Rouffach

8 novembre 1591 0

Das Minoritenkloster zu St. Katharina in Rufach Th. Walter 1906

1591: un couvent ruiné et désert... 

Le manque de clergé séculier qui suivit la Réforme et les épidémies de peste récurrentes en ville et à la campagne avaient conduit progressivement à un dépeuplement généralisé des monastères. Lors d’un chapitre tenu à Söflingen près d’Ulm le 7 mai 1563, il fut décidé d’abandonner le couvent de Rouffach qui n’était plus occupé que par un père, Ambroise, et Jacob, un frère malade. Mais les deux frères refusèrent catégoriquement de quitter les lieux ! L’envoyé de l’évêque enferma les deux

frères et poursuivit l’inventaire du mobilier qui ne laissa aux deux malheureux qu’une chasuble et un calice pour célébrer leur messe… Il semblerait qu’en 1564 ils avaient quitté les lieux !
On chercha encore à repeupler le couvent en y plaçant un guardian et quelques frères qui, sans ressources, seraient morts de faim si l’évêque ne leur avait pas fourni des céréales ! Un incendie ravagea une partie des bâtiments du monastère et ce qui en réchappa se trouvait en piteux état. Il ne restait plus sur place que deux prêtres et un frère lai, décrits comme paresseux, peu disposés à travailler la terre pour nourrir un monastère, attendant qu’on leur apporte tout.
Malgré tout, des travaux, soutenus par l’évêque, furent entrepris dans les vieilles ruines pour construire une demeure plus habitable, mais à peine les travaux étaient-ils sortis de l’urgence que le provincial de l’ordre retira les ouvriers de leur chantier.
Les locaux se retrouvèrent à nouveau vides, l’évêque ordonna la fermeture de l’église et la protection des lieux fut concédée à un bourgeois de la ville. Les calices, ostensoirs et autres objets précieux furent transportés au château Isenbourg, les ornements d’église, eux, restant sur place… Au moment des épidémies de peste qui suivirent, la ville fit main basse sur le cimetière et le jardin du monastère pour y enterrer ses morts.En 1589, Eberhard de Manderscheid-Blankenheim, frère de l’évêque de Strasbourg de l’époque, prit la charge de Grand-Bailli de Rouffach. Après de longs efforts, et avec le soutien de son frère, il parvint à faire revenir des religieux.

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Les origines du prieuré Saint Valentin: charte de fondation 1183

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Le premier objectif de obermundat.org était, dès sa création, de mettre à la disposition de chercheurs et amateurs d’histoire locale, des documents qui ne sont pas toujours d’un accès facile pour tous. Des documents issus d’archives régionales, Rouffach, Colmar, Strasbourg, Bâle, Fribourg, sont ainsi proposés à des lecteurs d’autres régions, et même d’autres continents !

La langue allemande et l’écriture gothique constituent souvent un obstacle majeur pour qui s’intéresse à l’histoire ancienne de l’Alsace : c’est pourquoi sur ce blog, les textes d’archives que je présente sont transcrites en écriture moderne, parfois traduits, en totalité ou partiellement, en français moderne, et commentées.

Le document proposé dans cet article est issu des Archives départementales de Strasbourg. Il s’agit d’une charte rédigée sur parchemin, datée de 1183, qui est fondamentale pour l’histoire du Prieuré Saint Valentin de Rouffach. Par cette charte, l’évêque de Strasbourg Henri Ier de Hasenbourg concède aux religieux du prieuré Notre-Dame des Champs de Metz une colline à Rouffach en vue de la fondation du prieuré Saint-Valentin de Rouffach et définit les statuts du futur prieuré.

Ce document est en latin médiéval, truffé de nombreuses abréviations et conventions orthographiques et je suis un bien piètre latiniste ! Aussi ai-je fait appel à l’I.A. Gemini / Google pour le traduire. Le résultat n’est certes pas satisfaisant, mais je compte sur des lecteurs compétents pour m’aider à l’améliorer : ce document, fondamental pour l’histoire du prieuré Saint Valentin de Rouffach est cité et reproduit dans de nombreux ouvrages sur le sujet, mais je ne l’ai vu transcrit en entier que dans l’ouvrage de Theobald Walter Urkunden und Regesten der Stadt Rufach (662-1350) de 1908, pages 6-8. C’est de cette source que provient la transcription que je propose. Quant à une traduction en français, je n’en ai pas connaissance. Celle que je propose après la transcription, doit être considérée comme un brouillon, maladroit sans doute, mais qui permet de saisir la teneur de ce précieux parchemin. Merci pour toute aide qui sera bienvenue pour l’améliorer… 

-o-o-o-

En 1183, l'évêque de Strasbourg a autorisé un groupe de moines de Metz à créer un nouveau monastère à proximité de Rouffach. Dans le même temps, il précise les règles qui permettront à ce nouveau monastère de coexister avec l'église paroissiale qui existait déjà sur place.

 

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Le prieuré de Saint Valentin, suite

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Le rayonnement du prieuré Saint Valentin et de son hôpital...

 

Dans le registre des lettres N°59 du Conseil de Nuremberg, conservé aux archives du district de Nuremberg, on trouve au folio 165 le brouillon (projet) d'une lettre datée du 26 juin 1507, adressée au prieur du monastère bénédictin de Rouffach. Cette lettre, remise à un citoyen démuni de Nuremberg nommé Michel MURNER, avait pour but de lui obtenir l'admission dans l’hôpital rattaché à ce monastère. Cet hôpital, fondé en l'honneur de saint Valentin, accueillait grâce à de pieuses fondations les personnes atteintes d'épilepsie.

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Les quêteurs du prieuré Saint Valentin de Rouffach

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Sant Valentin bit got für uns zu rufach

Elsässisches Wallfahrtsbild um 1480

Personne n'ignore, au moins l'espère-t-on, qu'il existait à Rouffach jusqu'à la fin du 18ème siècle, au pied du château d'Isenbourg, un prieuré bénédictin mentionné pour la première fois en 1183, mais probablement plus ancien, qui devint rapidement un lieu de pèlerinage célèbre à travers l’Europe d’alors : il accueillait les épileptiques et leur famille qui venaient prier et implorer la guérison de leur mal devant les reliques de saint Valentin. Au 15ème siècle, on construisit un hôpital spécialisé pour l'accueil et les soins de épileptiques qui aurait même été le premier de ce type. L'hôpital ferma au siècle suivant et le site disparut avec la Révolution française. Il n'en reste aujourd'hui que le souvenir : une rue, la rue du Prieuré, un grand vitrail représentant saint Valentin dans l'absidiole du transept sud de l’église paroissiale et, dans la même absidiole, un buste-reliquaire en bois doré du 18ème siècle, représentant saint Valentin, provenant de l'ancien prieuré. Sans oublier une grande toile en attente de restauration, Saint Valentin et l'épileptique, provenant elle aussi du même prieuré.


Buste reliquaire de saint Valentin, évêque et martyr, église Notre-Dame de Rouffach

 

Au moment de la fondation du pèlerinage, les moines avaient obtenu de l’évêque de Strasbourg l’autorisation de recueillir des aumônes, soit sur place à la chapelle, soir au cours de tournées de quêtes dans le diocèse. Des moines quêteurs parcouraient ainsi les villes et villages du diocèse de Strasbourg et progressivement étendirent leur tournée aux diocèses de Bâle et même celui de Constance. Ces expéditions procuraient au prieuré les ressources nécessaires et faisaient connaître au loin les miracles et les guérisons d’épileptiques.

La notoriété du pèlerinage était telle que l'empereur Frédéric III avec son fils Maximilien et plusieurs princes électeurs, avait lui-même fait un pèlerinage à Rouffach pour vénérer Saint-Valentin.  L'empereur Maximilien lui-même, le 18 mars 1507, prit sous sa protection spéciale le monastère et l'hôpital de Rouffach et se rendit lui-même en pèlerinage avec sa cour en 1511.

Le lecteur trouvera ci-dessous un article du Dr. Louis Pfleger (1932)  sur le sujet des quêteurs de Saint Valentin de Rouffach. L'article est en allemand, j'en propose un traduction en français qui sera suivie du texte original en allemand. 

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Les luminaires de l'église paroissiale de Rouffach

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Relire une photo ancienne de l’église de Rouffach ...

En fouillant dans mes classeurs, je suis tombé sur une copie d’une  photo ancienne, en noir et blanc, de l'intérieur de l’église Notre-Dame de Rouffach. Je ne me souviens pas de sa provenance et la date  de la prise de vue n'y figure pas.

Photo banale à première vue, mais en m’y attardant, il s’est avéré qu’elle n’était pas si banale que cela. La qualité de la reproduction permettant l'agrandissement, j’ai découvert quelques détails qui méritent d’être retenus : observons attentivement...

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L'auteur

Gérard MICHEL

Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.

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