Découvrez l'Alsace d'autrefois avec l'histoire de Rouffach, capitale de l'Obermundat.
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À l’époque de la moisson en l’an 1199, ce fut encore un roi de la Germanie, Philippe de Souabe, qui mit notre contrée à feu et à sang, en brûlant les fruits des champs et en incendiant les maisons ennemies de Rouffach. Ce triste exploit causa la ruine totale de l’ancienne villa Rubecae.
Mais l’évêque, résolu de faire renaître plus fort son point d’appui en Haute-Alsace, se mit aussitôt à l’œuvre.
En 1201, d’abord il conclut un arrangement avec les comtes de Habsbourg qui possédaient de temps immémorial le droit d’avouerie [1] dans le territoire de Rouffach, et il commença la transformation de l’ancien Isenbourg en un puissant château fort. Puis il céda, en 1216, le Herren Gebreit, terrain inoccupé situé aux alentours du Fronhof,[2] à ses vassaux, afin qu’ils puissent s’y établir avec leurs familles. Et, de fait, les Hus, les Lauhgaessen, les Hattstatt, les Ratsamhausen, les Craphe, profitèrent de l’occasion en y construisant leurs foyers.
C’est de cette manière que naquit la partie la plus ancienne de notre ville ; elle s’étendait à peu près entre la courbe de l’Ombach et le rempart du sud-est de la ville actuelle, à l’ombre de la vénérable église paroissiale dédiée à Notre Dame, patronne de la cathédrale de Strasbourg.
En 1216, un certain Algotus agit comme scultetus (prévôt) dans la ville; ce fut le premièr fonctionnaire de ce genre à Rouffach. Un sceau officiel paraît, pour la première fois, apposé sur un document de 1235, et le conseil (magistrat) se trouve, en 1244, en pleine fonction. Le sceau qui le représente la Vierge tenant l’enfant Jésus et une fleur de lis nous rappelle avec le patronage de la paroisse, l’Assomption, les relations intimes avec la ville de Strasbourg et son évêque.
Au château d’Isenbourg résidait le bailli ou grand-bailli, la plus importante des fonctionnaires épiscopaux du haut Mundat. Dans le cour seigneuriale (Fronhof) de la ville siégeait le procureur (Amtsschaffner) avec son tabellion (Landschreiber). Ces trois personnages constituaient le gouvernement du Mundat, c’est-à-dire des bailliages de Rouffach, Soultz et Eguisheim et c’est leur présence qui donna à notre ville son importance et en fit la capitale des possessions de l’évêque de Strasbourg en Haute-Alsace.
Le jour de St-Nicolas en 1262, les chevaliers et bourgeois les plus honorables du Mundat se réunirent dans notre ville afin de discuter et de fixer d’anciens droits en contestation et de s’opposer à des abus commis par l’avoué Rodolphe de Habsbourg. Rodolphe, le futur empereur d’Allemagne, sollicitait depuis quelque temps l’annexion du district de Rouffach à la Régence d’Ensisheim ; mais l’évêque ne put se séparer du plus ancien patrimoine de son église et la bourgeoisie n’aimait guère l’ambition habsbourgeoise.
[1] En droit féodal, l'avoué (lat. advocatus) est un laïc chargé de défendre les intérêts temporels d'une abbaye ou d'un chapitre, le mot français apparaît au début du XIIIe s.26 nov. 2014
dans dhia : Avouerie Le latin advocatus («celui qu’on appelle à soi») donne en français avoué (en Lorraine voué) et plus tard avocat,en allemand
Vogt (mhd. voget, aussi vöt, fougt,etc. ; en francique fauth) et plus tard Advokat Vogt a au moins trois sens différents :
[2] dhia : Fronhof : Cour domaniale, encore appelée Meyerhof, Herrenhof (avec résidence, parfois occupée par un Meyer, et bâtiments d’exploitation) qui constitue, dès le Moyen Âge, le noyau d’une seigneurie rurale aux mains de familles nobles ou de monastères. La dénomination procède du fait que les sujets devaient y acquitter la corvée et, éventuellement, la dîme. Les fonctions économiques (Fronhof, Zehnthof) ne tardent pas à se doubler de compétences administratives et judiciaires, d’où le nom d’Amtshof ou de Dinghof relevé dans les textes.
Voici ce document du 6 décembre 1262:
... je propose au lecteur d'abord la transcription du texte original de 1262, suivie duen tentative de transcription du même document en allemand moderne et enfin une "tentative" de traduction en français, qui restera bancale, je n'ai pas réussi à identifier certains mots, à en comprendre d'autres et à traduire de façon satisfaisante certaines expressions... la paleographie médiévale germanique n'est pas toujours un sport facile...
A.M.R. FF 11 / 66 et A.D.B.R. W 343 Baillage de Rouffach
image sur Alsaciae-Chroniques d’Alsace https://alsaciae.org/
Freyheit-Gleichheit
Einheit
Unzertrennlichkeit
der Republik
Brüderlichkeit-oder Tod
Les documents réunis dans cet article constituent un témoignage particulièrement intéressant sur la vie politique de Rouffach pendant la Révolution française de 1789. Ces lettres et documents, échangés entre citoyens, autorités locales et instances révolutionnaires, donnent à voir les tensions, les arrestations, les dénonciations et les mobilisations patriotiques qui traversèrent la ville. Ils révèlent également le rôle joué par la Société populaire et révolutionnaire de Rouffach, dont l'activité constitue encore aujourd'hui un pan méconnu de l'histoire de la ville.
un chevalier de l'Ordre teutonique dans les latrines de la commanderie de Suntheim, au-dessus de l'Ombach. Reconstitution graphique contemporaine. ChatGpt sept.2026
Heimliches Ort, Heimliche Kammer, lieu d’aisance, cabinet d’aisance, latrines, commodités, garde-robe, petit coin, cabinet, tinette, toilettes, sanitaires, chiottes, gogues…
Les chroniqueurs médiévaux nous parlent volontiers des batailles, des fondations pieuses, des privilèges et des hauts faits des chevaliers. Mais ils sont beaucoup plus discrets sur une question pourtant essentielle : où allaient-ils satisfaire leurs besoins naturels ?
Les chevaliers de l’Ordre teutonique n’échappaient évidemment pas à cette nécessité très humaine. À Rouffach, leur commanderie semble même nous avoir laissé quelques indices particulièrement savoureux : des latrines aménagées au-dessus de l’Ombach, permettant aux nécessités de la vie quotidienne de suivre… directement le cours de la rivière. Un aménagement devenu source de discorde avec les autorités de la Ville de Rouffach...
L’anecdote prête à sourire, mais elle nous renseigne aussi sur l’architecture et la vie quotidienne d’une commanderie médiévale. Car l’histoire des monuments et des institutions ne s’arrête pas aux chapelles et aux salles capitulaires : elle doit parfois savoir regarder… sous les latrines.
l'Ohmbach à Rouffach (photo juin 1962 Gérard Michel)
L'Ohmbach, issu d'une courte vallée vosgienne, est un affluent de la Lauch dont une branche canalisée traversait jadis la vieille ville de Rouffach. Plusieurs publications, sur ce site et ailleurs,[1] ont traité de ce ruisseau. Cet article, qui concerne la partie haute de son cours, est le résultat d'observations effectuées lors de nombreuses sorties sur le terrain et de la consultation de la riche documentation disponible.

Gérard MICHEL
Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.
Cette page contient des liens vers des outils et sites partenaires autour de la paléographie, l'histoire et l'Alsace.
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