Découvrez l'Alsace d'autrefois avec l'histoire de Rouffach, capitale de l'Obermundat.
Au tournant du XIIIe siècle, Rouffach connaît une profonde transformation. Selon Thiébaut Walter, dans son Abrégé de l’histoire de la Ville de Rouffach (août 1920), l'ancienne villa Rubecae, dévastée par les conflits qui avaient opposé l'évêque de Strasbourg à ses adversaires, renaît progressivement, sous l'impulsion de son seigneur, bien décidé à renforcer son autorité et à faire de Rouffach son principal point d'appui en Haute-Alsace.
En 1201, l'évêque conclut un accord avec les comtes de Habsbourg, détenteurs du droit d'avouerie [1] sur le territoire de Rouffach, et entreprend de transformer l'ancien Isenbourg en une puissante forteresse. En 1216, il favorise l'installation de plusieurs familles nobles, notamment les Hus, les Hattstatt et les Ratsamhausen, sur des terrains situés aux abords de la cour seigneuriale (Fronhof)[2]. Un nouveau noyau urbain se développe ainsi autour de l'église Notre-Dame.
Cette évolution s'accompagne de la mise en place progressive d'institutions municipales : un prévôt (Schultheiss) est attesté dès 1216, un sceau officiel apparaît en 1235 et un conseil urbain fonctionne en 1244.
Rouffach devient ainsi le centre administratif et politique de l'Obermundat, regroupant les possessions de l'évêque de Strasbourg autour de Rouffach, Soultz et Eguisheim. Le bailli réside au château d'Isenbourg, tandis que les autres officiers épiscopaux exercent leurs fonctions depuis la cour seigneuriale.
Mais cette affirmation du pouvoir épiscopal se heurte aux ambitions des Habsbourg, qui entendent étendre leur influence sur le territoire. Les droits respectifs de l'évêque, de son avoué et des habitants donnent lieu à des contestations et à des abus.
C'est dans ce contexte que, le 6 décembre 1262, jour de la Saint-Nicolas, chevaliers et bourgeois de l'Obermundat se réunissent à Rouffach pour préciser les droits et les obligations des différents détenteurs de l'autorité. La charte issue de cette réunion constitue un témoignage essentiel sur l'organisation seigneuriale et les institutions de Rouffach au milieu du XIIIe siècle.
Rodolphe Ier de Habsbourg (1218–1291) fondateur de la puissance familiale, premier roi des Romains issu de cette famille (élu en 1273).
30 août 1306: Johannes von Dirpheim, évêque de Strasbourg, dissout les corporations et interdit le port des armes
Cet article propose une ordonnance promulguée le 30 août 1306 par Jean de Dirpheim, évêque de Strasbourg. Ce règlement est destiné à rétablir l’ordre dans la ville, après une période de troubles et de conflits survenus pendant la vacance du siège épiscopal.
Je n’ai pas eu accès au document original, mais il en existe deux transcriptions, l’une par Adam Walter Strobel dans Vaterländische Geschichte des Elsasses de 1842 et une autre par Théobald Walter dans Urkunden und Regesten der Stadt Rufach vol.2. page 79
J’ai choisi de proposer au lecteur le texte de Strobel, dans son intégralité. Qu’il ne soit pas surpris, c’est de l’allemand de 1306, vieux de sept siècles, du moyen haut-allemand de l’espace rhénan supérieur, avec ses propres formes grammaticales, une orthographe peu normalisée, son vocabulaire et ses conventions écrites.
Bulletin de Liaison
Février 1978
Pierre Paul FAUST
Gilbert MEYER
Pierre BRUNEL
Rouffach, cité chargée d'histoire ! Voilà une affirmation qui prend tout son poids à la suite des découvertes archéologiques en cours à l'occasion des travaux d'aménagement de la place de la République.
En effet, notre livre d'histoire locale vient de s'ouvrir à un chapitre contesté il n'y a pas tellement longtemps encore : la présence romaine.
Placées sous la surveillance et financées par la Direction des Antiquités Historiques d'Alsace, les fouilles ont débuté modestement par la vérification de tombes partiellement apparentes, en bordure ouest de la place. On sait que l'espace autour de l'église servit tôt déjà comme cimetière et ceci jusqu'à la Révolution française. Tous les genres de sépulture en usage au moyen-âge ont été découverts: des simples tombes en pleine terre, à celles à dalles en pierre dressées et aux sarcophages monolithes.
Puis c'est la découverte de l'ancien centre urbain de l'époque gallo-romaine.
Il est assez exceptionnel pour une ville de pouvoir présenter, sur un espace restreint, son évolution sur près de deux millénaires. Ceci en plus dans un cadre architectural presque unique en Alsace.
Voilà un enrichissement certain de notre capital culturel.
Des découvertes antérieures ont prouvé que le site de Rouffach était déjà occupé par l'homme aux temps les plus reculés. Les âges de la pierre et des métaux ont laissé leurs traces.
Dans la zone actuelle des fouilles, la préhistoire semble également se manifester. C'est couche par couche que les travaux permettront d'approcher le passé de notre ville.
Si l'ère romaine livre les vestiges les plus importants : soubassements d'immeubles, fragments de céramique diverse, éléments décoratifs, stèle funéraire, puits, etc.., on trouve également, dans la partie sud, vers l'ancien hôtel de ville, des traces de l'époque mérovingienne, du moyen-âge, ainsi que d'activités plus récentes.
Tous les objets récoltés viennent grossir les collections publiques qui, nous l'espérons pourront être présentées au public dans un avenir plus si lointain, dans le musée en cours d'installation grâce aux efforts de la Municipalité et de la Société d'Histoire et d'Archéologie du canton de Rouffach.
Au point de vue scolaire, ce chantier de fouilles apporte un complément d'instruction fort apprécié par les enseignants et par les élèves. Certains y prennent une part active en participant au travail (C.E.S. - Lycée Agricole). L'histoire devient ainsi palpable pour eux et ne reste pas uniquement du domaine livresque.
L'intérêt de ces découvertes dépasse le cadre local comme en témoigne le grand nombre de visiteurs venant parfois de fort loin.
Que soient remerciés tous ceux qui d'une manière ou d'une autre soutiennent l'équipe des fouilleurs et participent à la réussite de notre entreprise d'intérêt public. Puissent les Rouffachois prendre conscience du grand passé qu'est le leur, passé dont ils peuvent à juste titre être fiers.
Quoiqu'il en soit, les résultats déjà obtenus sont très encourageants. Un grand travail d'analyse, d'études comparatives, de tri, de restauration reste à fournir. Il est prévu de vous informer, ici-même, de l'avancement de ces investigations.
P.P. FAUST
Archiviste Municipal
Correspondant des Antiquités Historiques d'Alsace.
A.M.R. FF 11 / 66 et A.D.B.R. W 343 Baillage de Rouffach
image sur Alsaciae-Chroniques d’Alsace https://alsaciae.org/
Freyheit-Gleichheit
Einheit
Unzertrennlichkeit
der Republik
Brüderlichkeit-oder Tod
Les documents réunis dans cet article constituent un témoignage particulièrement intéressant sur la vie politique de Rouffach pendant la Révolution française de 1789. Ces lettres et documents, échangés entre citoyens, autorités locales et instances révolutionnaires, donnent à voir les tensions, les arrestations, les dénonciations et les mobilisations patriotiques qui traversèrent la ville. Ils révèlent également le rôle joué par la Société populaire et révolutionnaire de Rouffach, dont l'activité constitue encore aujourd'hui un pan méconnu de l'histoire de la ville.

Gérard MICHEL
Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.
Cette page contient des liens vers des outils et sites partenaires autour de la paléographie, l'histoire et l'Alsace.
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