Vierge de l'Annonciation du Musée de Besançon (© Guenat Patrick)
Après la parution sur obermundat.org de l'article Les vicissitudes d'un chef-d'œuvre: le grand portail de Notre-Dame de Rouffach, suite..., plusieurs lecteurs ont demandé comment les deux Vierges du portail de Notre-Dame de Rouffach ont pu se retrouver au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon.
Nous ne savons pas, malheureusement, ce qu'il est advenu des statues et morceaux de statues arrachées à la façade de l'église, en cette triste journée du 13 décembre 1793. On ne peut aujourd'hui que constater leur absence sur les consoles et les voussures du grand portail et regretter l'acharnement des révolutionnaires à détruire tout ce qu'ils trouvaient à portée de leurs mains ou de leurs outils, notamment aussi les deux grands anges de la façade et les gargouilles surplombant le portail...
Les deux statues des Vierges sont installées depuis début décembre 2020 dans les collections permanentes du musée de Besançon et seront accessibles au public dès la réouverture..
Ces deux œuvres avaient appartenu à une collection privée, celle de Charles Oulmont, qui les a léguées en 1984 à la Ville de Besançon et à son musée.
Les villageois de Lutter en leurs demeures. Tome 2. Des visages aux fenêtres. 1450-1630.
Marc Grodwohl en collaboration avec François Hengy et Christine Verry. 200 pages. 168 illustrations.
Cercle d’Histoire de Hégenheim 2020.
Nous avons souvent relevé dans ces pages l’omniprésence de l’église dans la vie de l’homme d’antan. Cette présence est perceptible au quotidien, jusque dans les rues et les ruelles de la ville : les sonneries de cloches rythmant la journée appellant à la prière ou aux offices à l’église, et surtout les processions, un rituel majeur à la fin du Moyen-Âge. Les processions se multiplient et prennent une place de plus en plus importante dans la vie civique des villes. Les grandes fêtes religieuses du calendrier ont leur procession, celle des Rameaux, de la Fête Dieu, de l’Assomption, celle des Rogations… les processions des funérailles et celles de la sépulture accompagnent les baptisés défunts. On organise des processions pour demander une grâce particulière, la fin d’une sécheresse persistante ou d’intempéries dévastatrices pour les récoltes, ou pour rendre grâces si le Ciel a répondu aux prières. Les processions des corporations et celles des confréries, confréries de dévotion ou confréries de métier se multiplient également.
Dans le présent article, il sera question d’une procession plus «intime», celle qui accompagne le prêtre portant les sacrements aux malades et aux mourants. Cette procession ne compte que peu de participants mais se doit d’être solennelle puisque le prêtre y porte l’hostie consacrée, le Corps du Christ, pour les chrétiens.
Image ci-dessus: Le peuple écrasé par les privilégiés
« â faut esperer q’eu s’jeu la finira ben tôt. Un païsant portant un Prélat, et un Noble. »
Eau-forte en couleurs, [Paris, 1789]
La France serait championne du monde des taxes et des impôts… Voilà qui n’est pas nouveau… Mais cette fois encore, on ne dira pas que c’était mieux avant ! Nicolas Chamfort, rapporte en 1794 dans ses Caractères et anecdotes les propos d’un de ses contemporains, parlant du peuple français : « un peuple serf, corvéable, taillable à merci et miséricorde »
L’objet du présent article est précisément la taille, un impôt ancien, le nom est attesté dans la première moitié du 14ème siècle en Alsace, mais surtout l’impôt le plus impopulaire à cause surtout de son montant très arbitraire. Dire que le serf est taillable signifie qu’il est soumis à l’impôt de la taille, comme corvéable signifie qu’il est assujetti à la corvée seigneuriale, au bon vouloir, à la merci, du seigneur.
Dans le monde germanique, la taille est das ou der Gewerf(f) [1] et le collecteur de la taille est der Gewerfer.
Vue de la Ville de Rouffach, ses tours et ses remparts au 17ème siècle
Détail de La sainte Famille au Repos Musée Unterlinden Colmar
La démolition des tours et des portes de la ville exigée avec insistance par le préfet Desportes, le « démolisseur des Portes », dans une série de courriers adressés au citoyen Maire de Rouffach, entre juillet 1803 et décembre 1804, débutera finalement en janvier 1809 et durera 6 semaines.
Celle de la double rangée de remparts qui entouraient la Ville se fera dans le même temps, toujours sous le contrôle du même préfet.
Comme pour les portes et les tours, les raisons invoquées pour cette démolition par le cahier des charges présenté le 8 janvier 1808, étaient « de donner une uniformité de hauteur,… plus d’aspect et plus d’air à la ville… ». Les murs extérieurs, selon le même cahier de charges, « seront abattus jusqu’à la hauteur de 32 centimètres (un pied) d’élévation au-dessus de la terre…».

Gérard MICHEL
Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.
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