Les règlements et ordonnances de police édictées par les autorités de la Régence ou celles de l'évêque de Bâle, sont des documents qui intéressent au plus haut point l'historien: la répétition fréquente des interdits et le rappel des punitions encourues par ceux qui ne les respectent pas, prouvent bien que souvent ces interdictions ne sont pas respectées! Et l'on découvre ainsi les travers, petits et gros, de nos anciens: l'abus de vin, la pratique du Zutrincken, le jeu, les bagarres, le tapage nocturne, les blasphèmes et les jurons, l'absentéisme aux offices, messes, vêpres..., la fréquentation des filles de joie, etc. Ainsi, par exemple, comment saurait-on que l'un des passe-temps favori des hommes dans les tavernes était les jeux de hasard, cartes, dés et autres jeux prohibés, bassette, pharaon, landsquenette, etc. si un article d'ordonnance n'interdisait pas ces jeux et en dressait un inventaire précis?
Les règlements et ordonnances de police interdisent également le luxe ostentatoire et les dépenses excessives lors de fêtes familiales: repas de mariages, baptêmes, fêtes patronales et banquets..., cadeaux de mariage et de baptême... Le costume est ainsi réglementé de manière très précise, jusque dans les couleurs et la longueur de robes! Il est rappelé régulièrement que chacun devait se vêtir d'une manière spécifique selon son rang. Ces lois visent à rendre visible, par le vêtement, les tissus et les accessoires, la classe sociale à laquelle appartient celui qui les porte. Ainsi on pourra, dès l'abord, distinguer le seigneur du sujet, le bourgeois du manant, le maître du compagnon et de l'ouvrier...
Le document qui fait l'objet du présent article, une Ordonnance de sa Majesté l'Empereur transmise à Erasme, évêque de Strasbourg en 1565, rappelle comment doivent se vêtir les hommes et leurs femmes, gens de la noblesse, paysans et vignerons, artisans et ouvriers, Conseillers du Magistrat et bourgeois aisés qui vivent de leurs rentes...
On ne saurait, semble-t-il, concevoir de fête médiévale sans sorcières, tant l'imagination populaire associe sorcellerie et Moyen-Âge. Mais on est parfois amené à s'interroger sur les spectacles qui nous sont présentés. Ainsi celui vanté par un annonce passée dans le supplément Loisirs du journal L'Alsace, en date du 12 juin 2009. Voici comme était présentée une fête médiévale dans une charmante petite bourgade viticole du proche Bas-Rhin:
... la fête[...] souhaite mettre l'accent sur le caractère d'authenticité de la manifestation. Un marché médiéval est lui aussi voulu au plus près de ce qu'on pouvait trouver au Moyen-Âge. Des animations, le bourreau et ses sorcières, des saynètes sur le thème de la torture, des guerriers en armes, entre autres, égaieront la journée...
Il n'est pas dit si les organisateurs avaient prévu un atelier torture, pour occuper les enfants, et rendre encore plus attractive cette sortie familiale...
La torture ne peut être ludique, le martyre de centaines de femmes, d'hommes et d'enfants ne peut distraire et encore moins égayer. Si des faits tragiques de notre histoire doivent être représentés en spectacle, ce ne peut être que dans le but d'instruire et de mettre en garde contre l'obscurantisme et la barbarie... pas pour passer un moment récréatif en famille.
Ce traité publié par deux dominicains, Heinrich KRAMER (Henri Institoris) , dominicain de Sélestat et Jacob SPRENGER, prieur du couvent de dominicains de Cologne, est une véritable œuvre de propagande de l’Inquisition et fut le point de départ de la chasse aux sorcières : édité en petit format afin que les juges puissent le consulter aisément lors des procès, l'ouvrage eut un succès considérable et fit l'objet de 34 d'éditions latines depuis sa parution à Strasbourg en 1486 ou 1487 jusqu'en 1669.
Couverture en parchemin d'un livre censier de l'hôpital Saint Jacques de Rouffach
Les rondes des fêtes à l’affiche des offices de tourisme offrent aux vacanciers et aux amateurs de fêtes de nombreuses manifestations organisées par des confréries de tout genre : confréries viniques en majorité, mais aussi d'autres, confrérie du chou rouge, de l’élixir de la sorcière, des gardiens de la météorite, de l’asperge, de la tarte flambée, du presskopff, etc. Convivialité, échange et partage sont les objectifs de ces rassemblements qui drainent un nombreux public, souvent familial, de tout âge.
Si le nom est le même, on reste tout de même assez loin des idéaux qui inspiraient les confréries de l’époque médiévale et du début des temps modernes dont ces nouvelles confréries se veulent pourtant souvent les fidèles continuateurs, si l'on se réfère aux costumes "médiévaux" portés par leurs membres et par le cérémonial dont ils s'entourent...
Pour comprendre ce qu’est une confrérie, il suffit de se souvenir de l’étymologie du mot : le mot confratria est attesté dès le 9ème siècle et a donné au 13ème siècle le mot confrarie puis confrérie sous l’influence du mot frère, issu également de frater.
Page du Registre du Magistrat de 1600 (A.M. Rouffach BB 1)
Dans les articles de ce site, le mot Magistrat revient fréquemment. De quoi s’agit-il ? Pour rester simple, le Magistrat est le Conseil de la Ville, l’ensemble des personnes qui administrent la cité. A Rouffach il est composé de quinze conseillers et d'un greffier municipal, qui se réunissent sous l’autorité du prévôt, représentant le bailli, lui-même représentant le Seigneur, l'évêque de Strasbourg.
Qui sont ces personnes et comment sont-elles choisies ? Un document extrait d'un ancien Urbaire de 1580 va nous donner quelques éléments de réponse:

Gérard MICHEL
Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.
Cette page contient des liens vers des outils et sites partenaires autour de la paléographie, l'histoire et l'Alsace.
© 2025 Obermundat