Le dossier Presbytère conservé aux archives municipales de Rouffach (A.M.R. M 9 / 36) n’a pas fini de livrer ses secrets.
Après un premier article, il restait plusieurs pages dont le lecteur trouvera ci-après quelques extraits qui permettront de clore, provisoirement, le sujet.
Maison de recette du Grand Chapitre de la cathédrale de Strasbourg, actuel presbytère catholique de Rouffach
Avant la Révolution, le clergé de la paroisse de Rouffach, curé et vicaires, étaient installés dans une maison de la rue des Prêtres, qui valut d’ailleurs son nom à cette rue, die Pfaffengasse. Après la Révolution, les prêtres quittèrent cette maison, que l’on continua d’appeler, jusqu’aujourd’hui, « l’ancien » presbytère. Il fallut alors leur trouver un « nouveau » presbytère convenant à cet usage. Et c’est alors que commence un invraisemblable parcours de recherche, un feuilleton qui se poursuit une trentaine d’années, avec de multiples péripéties, sans que l’on parvienne vraiment à savoir où, pendant ce temps, étaient logés ces malheureux curés sans domicile fixe…
La porte monumentale de Froeschwiller ( Sebastian Münster 1548)
(à gauche, l'hôpital Saint Jacques)
Jusqu’à leur démolition en 1809 sur décision du Préfet Desportes, [1] la ville de Rouffach disposait de trois portes monumentales qui protégeaient les trois entrées principales :
Il faut rajouter
Depuis que je m’intéresse à l’histoire de Rouffach j’ai cherché à connaître la signification et l’origine de ces noms que nous utilisons très couramment dès que nous parlons du passé de la cité. Sauf évidemment pour la petite porte de la poterne, Thörlin, je n’ai jamais obtenu de réponse satisfaisante.
Dessin de Jean-Baptiste Schacre, Architecte (Delle 1808 - Mulhouse 1876)
En matière d’histoire, il est nécessaire de revenir souvent sur ce qu’on a écrit : ce qui semble vrai aujourd’hui, ne le sera peut-être plus demain... Il suffit d’une découverte dans un document écrit ou sur le terrain, une petite note ou une image, pour mettre en cause ce qui paraissait une certitude quelque temps auparavant. L’histoire bouge constamment, on pense parfois que tout a été dit sur tel ou tel autre sujet et on découvre qu’il reste encore bien des choses à dire.
Bien sûr, certaines découvertes ne vont pas bouleverser ce que nous savions jusque-là, et la mise au point que je propose dans l’article qui suit ne va pas provoquer « d’effet papillon » et déclencher un tollé parmi les historiens… [1]
Dans cet article je reviens sur un article édité le 3 juin 2019 intitulé Le nouveau maître-autel de N.D. de Rouffach, ancien maître-autel des Dominicains de Colmar.
Vestiges de rinceaux peints autour de l'autel de la Vierge (photo G.M.)
On oublie trop souvent que nos églises et cathédrales étaient toutes peintes, à l'intérieur comme à l'extérieur: même les sculptures des portails et des tympans étaient polychromes. Les fresques et les peintures contribuaient à la beauté de l'édifice, mais leur fonction première était d'ordre pédagogique: il s'agissait d'initier les fidèles aux mystères de la religion et de les instruire, comme une bande dessinée aux couleurs vives enseignerait aujourd'hui le catéchisme à des enfants ..
Cette polychromie parfois très exubérante, a disparu dans la plupart des édifices, victime des dégradations naturelles dues au vieillissement des supports, aux infiltrations, à la pluie, au gel... Mais aussi victimes des changements de mode et surtout de la sottise et de l'ignorance... sous prétexte de revenir à "l'authentique" on a piqueté les crépis des églises, "nettoyé" les statues, les chapiteaux et les clés de voûtes pour revenir, nous faisait-on croire, à la rigueur et à l'austérité de la pierre nue et rendre ainsi au lieu sa pureté originelle... Quelques édifice du département sont aujourd'hui les tristes témoins de ces navrantes restaurations...
En parcourant le registre des délibérations des Conseils de la fabrique de l’église paroissiale 1811 -1839, j’ai eu la surprise de découvrir un feuillet glissé entre deux pages. En voici le contenu qui remet en question des certitudes que nous avions jusqu’à présent au sujet des peintures murales de l’église :

Gérard MICHEL
Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.
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