Rufach 1616 Petrus Bertius (1565-1629) Commentariorum Rerum Germanicarum liber tertius
le dossier « Rubiacum » déposé en février de cette année, a été retenu par les commissions chargées de l’examiner, ANR (Agence Nationale de la Recherche) et DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft) et l’étude débutera dès le printemps 2024 pour se terminer en juin 2027.
L'objectif est une reconstitution virtuelle du cadastre de la ville médiévale, à partir d'archives (livres censiers, comptabilité, plans) et des vestiges matériels (enceintes, charpentes et caves des maisons, églises, édifices publics). Cette vaste entreprise, fruit d'une coopération binationale, croisera ainsi une approche historique, archéologique, la prospection géophysique, géomatique, l’archéologie sédimentaire et archéométrique des vestiges matériels, la datation par dendrochronogie et carbone 14, etc.
Clé de voûte du chœur, le 5 juillet 2023 avant le début de la campagne de restauration
Les travaux de restauration du chœur se poursuivent, dans la quiétude et la concentration d'un atelier insoupçonné, perché à 15 mètres du sol de l'église... Deux entreprises y travaillent, Mescla Patrimoine et Orpimento, toutes deux alsaciennes, la première de Strasbourg, la seconde de Barr. Les couleurs et les ors réapparaissent progressivement sous les outils des restauratrices et restaurateurs et chaque jour offre de nouvelles découvertes.
Le lecteur trouvera ci-après quelques photos prises le 8 et le 16 novembre... Pour agrandir les images, il suffit de cliquer sur chacune d'elles. Bonne visite!
Figure 1. 8-10 rue Rettig. Le bâtiment annexe en pan-de-bois, interposé entre la grande maison de 1573 et à droite le logis XIIIe s./XVe s.
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Le regretté Henri Bannwarth avait entrepris l’ambitieuse restauration de sa maison Renaissance à tourelle, 8-10 rue Rettig à Rouffach, l’une des plus fastueuses de son époque. La date 1573 figurant sur le porche sur la rue est vraisemblablement aussi celle de la construction du logis en pierre. Ce dernier est flanqué, côté rue, d’un bâtiment annexe constitué d’un étage en pan de bois au-dessus d’un porche charretier. Cette petite construction, pouvant dater elle-aussi de la deuxième moitié du XVIe s. ou du début du XVIIe s vient s’interposer entre le logis de 1573 et une maison plus ancienne attribuée au XIIIe s [i]. Sa toiture a également été rénovée par Henri Bannwarth. Il est envisageable que lors de ces travaux, les tuiles de ce bâtiment aient été remployées pour la couverture de l’annexe en pan de bois. Ces travaux n’étant pas très anciens (vers la fin des années 1970 ?) peut-être un lecteur d’Obermundat pourra-t-il nous aider à préciser ce point.
De tout temps les limites des propriétés communales ont été sources de conflits entre communautés voisines. Les archives des communes forestières débordent de procès-verbaux d’arpentages, de plaintes, de recours, de jugements et d’appels au sujet d’usurpations de propriété, de droit de glandée ou de pâturage, de droits de passage, déplacement de bornes, etc. Le domaine forestier de Rouffach n’y échappe pas. Au cours des siècles, au gré des acquisitions, héritages, échanges, donations, les limites de propriété changent, et des parcelles, parfois importantes, se trouvent enclavées et dépourvues de voies d’accès appropriées.
Pour limiter les contestations, les forêts communales font l’objet de visites régulières auxquelles sont conviés des représentants des communautés riveraines. Les bornages sont vérifiés et refaits ou corrigés, de nouvelles bornes sont posées, si nécessaire. Souvent, les limites sont marquées par des arbres remarquables ou des arbres-lisières, Loch Bäume, frappés du marteau forestier. Tout est soigneusement relevé et noté dans des procès-verbaux, parfois accompagnés d’un rapide croquis ou de plans plus élaborés.
Les registres des délibérations du Magistrat de l’Ancien Régime sont une source quasi inépuisable pour le chercheur historien. Mais les protocoles des Conseils municipaux modernes, ceux qui sont accessibles au public, réservent eux aussi leur lot de surprises. Témoin ce registre conservé aux A.M.R. sous la cote MII / 9 /8, consignant les sessions des années 1903 à 1910.
En le feuilletant rapidement, j’ai fait plusieurs découvertes ou redécouvertes assez surprenantes :

Gérard MICHEL
Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.
Cette page contient des liens vers des outils et sites partenaires autour de la paléographie, l'histoire et l'Alsace.
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