Découvrez l'Alsace d'autrefois avec l'histoire de Rouffach, capitale de l'Obermundat.
La boucherie, Tacuinum Sanitatis, XVe siècle
Paris, BnF, Département des manuscrits, Latin 9333, fol. 71v
4 septembre 1612 : on ne plaisante pas avec la D.D.S.V.!
Bien sûr, en 1612, la D.D.S.V., Direction Départementale des Services Vétérinaires et la D.G.C.C.R.F., direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes n’existaient pas ! Quoique…
Un clocher vidé de ses cloches depuis la construction de la tour au dix-neuvième siècle: on constate sur la photo ci-dessus l'absence de remplage dans l'une des fenêtres de la tour octogonale qui domine la croisée du transept. C'est par cette ouverture qu'étaient hissées les cloches pour les installer dans leur beffroi. La plus grande, et donc la plus grave de ses cloches, installée en 1488, pesait plus de deux tonnes 1/2!
Les images illustrant cet article proviennent de St.Gallen, Stiftsbibliothek, Cod.Sang. 1311: Reisebuch des Elsässer Weltreisenden Georg Franz Müller
http://www.e-codices.unifr.ch/de/list/one/csg/1311
Ce globe-trotter rouffachois s’appelle Georg Franz MULLER (1646 – 1723). Il est né à Ensisheim, certes, mais dans plusieurs passages de ses deux manuscrits, il écrit que Rouffach est sa ville natale, mein geliebte Geburtsstadt Ruffach, et que sa maison paternelle se trouve à Rouffach…
Pourtant, à la lecture de son récit, on découvre que très tôt il n’avait qu’une hâte, celle de quitter au plus vite cette maison et cette ville, pour découvrit le vaste monde. A quatorze ans, il avait appris le métier de Büchsenschmidt, vraisemblablement auprès de son père. Ce métier, écrit-il, il l’aimait autant qu’un enfant pouvait aimer les verges dont on le frappait darzu ich eben, so viel Lust gehabt als ein Kindt zu der Ruethen… ! Cependant, c’est ce métier qui lui permit de réaliser ses rêves de voyage. Pendant les escales qu’il faisait dans ses pérégrinations, l’adolescent et jeune homme trouvait un emploi dans sa branche qui ne devait pas manquer de demande, même à l’autre bout du monde.
Arrestation de Crépin et Créspinien (Église Saint-Pantaléon de Troyes)
Le vingt cinq octobre 1708, les Maîtres cordonniers de Rouffach se réunissent au Poêle dit À l'Éléphant auquel leur métier est affilié, pour décider que désormais un office religieux serait célébré chaque année le jour du 25 octobre, en l'honneur des deux Saints, Crépin et Crépinien, leurs saints patrons, ainsi que, le lendemain, une messe à la mémoire des défunts de la profession et pour prier pour le repos de leur âme.
Les cordonniers et bottiers forment un corps de métier important en nombre à Rouffach: en 1752, selon un Etat général des corps de métiers ainsi que des maîtres qui la composent (A.M.R. HH 9) il y a 18 maîtres cordonniers, ce qui laisse supposer 18 échoppes! Rouffach était bien chaussée! Dans les autres métiers liés au cuir, qui font également partie de la tribu À l'Éléphant, on trouve 3 maîtres tanneurs, un maître chamoiseur, 6 maîtres selliers et bourreliers).
Je suis né à Ensisheim le 4 octobre 1646, mais ma vraie patrie est Rouffach, où j'ai grandi dans la maison paternelle. Tout petit déjà je rêvais de voyages et à quatorze ans j'ai quitté la maison familiale de Rouffach pour partir à la conquête du monde.

Gérard MICHEL
Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.
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