Découvrez l'Alsace d'autrefois avec l'histoire de Rouffach, capitale de l'Obermundat.
Le 23 avril 1613, Laurent de la Ramée fut décapité au château du Haut-Barr, près de Saverne : un tribunal d’exception venait de le condamner pour haute-trahison et intelligence avec l’ennemi. Les âmes sensibles éviteront de poursuivre la lecture, les autres découvriront quelques agissements pas très catholiques de notre évêque Léopold de Habsbourg.
À vrai dire, Laurent de la Ramée n’était pas un enfant de chœur. C’est lui qui se trouvait à la tête de la populace guerrière de Passau (Passauer Kriegsvolk) lors de son invasion de la Bohème en 1611 [1]. D’ailleurs dans cette aventure, ses intentions, comme celles de l’Archiduc Léopold ne sont pas des plus limpides : selon ses dires, il s’agissait de prêter main-forte à l’empereur Rodolphe II dans la rivalité qui l’opposait à son frère Mathias, déjà roi de Hongrie qui convoitait à présent le trône de Bohème. La motivation des fantassins de cette soldatesque avait des raisons moins politiques : mal payés de leurs campagnes, les mercenaires voulaient s’en prendre à l’Empereur pour lui réclamer leur dû et ils se servaient au passage, vivant de rapines et pillages.
Les protocoles des séances du Magistrat (conseils municipaux de l'époque...) sont une source inépuisable de renseignements pour le chercheur: Tout au long des pages, le lecteur y découvre des anecdotes parfois savoureuses, les événements, même les plus secrets, de la vie quotidienne des hommes et des femmes du Rouffach ancien.
Ici il est question d'ânes et du règlement qui en limite le nombre par foyer... toute infraction sera sévèrement punie! Qu'on se le dise !
Ci-dessus une page du carnet de relevés des marques lapidaires effectués par Pierre Paul Faust en 1961 sur la façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rouffach. L'édifice a été minutieusement prospecté par étages numérotés (ici le n° 8) correspondant aux travées de l'échafaudage qui avait été mis en place pour la restauration de la façade, de deux mètres en deux mètres. Il s'agit là d'un document unique et d'un intérêt exceptionnel pour l'histoire de la construction de notre église... (collection personnelle)
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Il ne s'agit pas, dans les deux cas, de signes que l'on appelle communément "marques de tâcherons" qui sont des marques d'assemblage ou de montage, comme on peut en trouver quantité à l'église Notre-Dame de Rouffach, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, mais de la marque propre à un maître qui signe là son oeuvre.
Rembrant Les mendiants 1648
Les archives municipales de Rouffach conservent dans leur fonds ancien les protocoles des audiences du Magistrat depuis la toute fin du XVème siècle jusqu'à la Révolution, avec une interruption de 1631 à 1642 due aux troubles de la Guerre de Trente Ans.
Ces protocoles sont une source inépuisable de renseignements pour le chercheur: Tout au long des pages, le lecteur y découvre les événements, même les plus secrets, de la vie quotidienne des hommes et des femmes du Rouffach ancien.
Je vous propose dans cet article trois extraits de protocoles d'audiences de l'année 1617 qui illustrent bien la diversité des questions sur lesquelles les Conseillers du Magistrat étaient appelés à se prononcer lors de leurs assemblées hebdomadaires.

Gérard MICHEL
Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.
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