Découvrez l'Alsace d'autrefois avec l'histoire de Rouffach, capitale de l'Obermundat.
Das Minoritenkloster zu St. Katharina in Rufach Th. Walter 1906
Le manque de clergé séculier qui suivit la Réforme et les épidémies de peste récurrentes en ville et à la campagne avaient conduit progressivement à un dépeuplement généralisé des monastères. Lors d’un chapitre tenu à Söflingen près d’Ulm le 7 mai 1563, il fut décidé d’abandonner le couvent de Rouffach qui n’était plus occupé que par un père, Ambroise, et Jacob, un frère malade. Mais les deux frères refusèrent catégoriquement de quitter les lieux ! L’envoyé de l’évêque enferma les deux
frères et poursuivit l’inventaire du mobilier qui ne laissa aux deux malheureux qu’une chasuble et un calice pour célébrer leur messe… Il semblerait qu’en 1564 ils avaient quitté les lieux !
On chercha encore à repeupler le couvent en y plaçant un guardian et quelques frères qui, sans ressources, seraient morts de faim si l’évêque ne leur avait pas fourni des céréales ! Un incendie ravagea une partie des bâtiments du monastère et ce qui en réchappa se trouvait en piteux état. Il ne restait plus sur place que deux prêtres et un frère lai, décrits comme paresseux, peu disposés à travailler la terre pour nourrir un monastère, attendant qu’on leur apporte tout.
Malgré tout, des travaux, soutenus par l’évêque, furent entrepris dans les vieilles ruines pour construire une demeure plus habitable, mais à peine les travaux étaient-ils sortis de l’urgence que le provincial de l’ordre retira les ouvriers de leur chantier.
Les locaux se retrouvèrent à nouveau vides, l’évêque ordonna la fermeture de l’église et la protection des lieux fut concédée à un bourgeois de la ville. Les calices, ostensoirs et autres objets précieux furent transportés au château Isenbourg, les ornements d’église, eux, restant sur place… Au moment des épidémies de peste qui suivirent, la ville fit main basse sur le cimetière et le jardin du monastère pour y enterrer ses morts.En 1589, Eberhard de Manderscheid-Blankenheim, frère de l’évêque de Strasbourg de l’époque, prit la charge de Grand-Bailli de Rouffach. Après de longs efforts, et avec le soutien de son frère, il parvint à faire revenir des religieux.
Raffinage du salpêtre, Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, 1768.
Westhalten, cité pour la première fois dans une charte en 1103, était auparavant partagée entre la ville de Rouffach (3/5ème) et Soultzmatt, (2/5ème). Un petit cours d’eau traversait le village et séparait la Stattseite, partie appartenant à la Ville de Rouffach et à l’évêque de Strasbourg, de la Thalseite, partie du côté de la Vallée appartenant à Soultzmatt et au chapitre de Lautenbach.
En 1788, les habitants déclarèrent Westhalten commune autonome et élurent leur propre assemblée, mais le village n’obtint son titre de commune qu’en 1818.
Lorsque, avant la Révolution, un document évoque Westhalten, le nom du village est toujours suivi de la mention Stattseite ou Thalseite … Les affaires concernant la partie rattachée à Rouffach sont instruites et jugées par Rouffach.
Eglise Notre-Dame de Rouffach dans KAUTZSCH, Der romanische Kirchenbau im Elsass (1944)
A DD 28 / 1-c (1776-1777)
La première campagne de Rubiacum est terminée et est au stade de l’analyse et de l’exploitation des résultats. Une dizaine de maisons ont été prospectées et les résultats s’avèrent extrêmement intéressants, ouvrant de nouvelles perspectives sur la topographie historique de la Ville .
Parallèlement, les chercheurs, archéologues du bâti médiéval, historiens, historiens de l’art et dendrochronologues se sont également intéressés à la charpente et la toiture de l’église Notre-Dame, au moment où les échafaudages extérieurs le permettaient. Une partie de cette recherche portait sur la datation de la tour octogonale surmontant la croisée du transept, datation qui jusqu’à présent ne faisait pas l’unanimité parmi les chercheurs : Dieter Graff date les assises intérieures de la tour de croisée ainsi que la voûte d’ogives de la première moitié du XIIIème siècle, Théobald Walter date la tour du début du XVIème siècle… Les résultats de cette prospection devraient permettre, enfin, une datation précise.
La lecture et l’étude de documents d’archives apportent également leur part à cette recherche. Je propose au lecteur quelques paragraphes d’un dossier conservé aux A.M.R. aux sujet des travaux urgents entrepris sur la toiture de l’église. En 1776, la flèche de la tour octogonale, minée par les infiltrations et la pourriture, menace de s’effondrer et d’importants travaux sont entrepris, dans l’urgence. La flèche (torse ?) de la tour sud de la façade est également vérifiée et réparée. Les deux flèches étaient alors couvertes de tuiles plates sur lattis, et tuiles creuses pour les arêtiers de chêne. Les archives municipales de Rouffach ont conservé les devis et le procès-verbal de réception et de conformité de ces travaux :
Le premier objectif de obermundat.org était, dès sa création, de mettre à la disposition de chercheurs et amateurs d’histoire locale, des documents qui ne sont pas toujours d’un accès facile pour tous. Des documents issus d’archives régionales, Rouffach, Colmar, Strasbourg, Bâle, Fribourg, sont ainsi proposés à des lecteurs d’autres régions, et même d’autres continents !
La langue allemande et l’écriture gothique constituent souvent un obstacle majeur pour qui s’intéresse à l’histoire ancienne de l’Alsace : c’est pourquoi sur ce blog, les textes d’archives que je présente sont transcrites en écriture moderne, parfois traduits, en totalité ou partiellement, en français moderne, et commentées.
Le document proposé dans cet article est issu des Archives départementales de Strasbourg. Il s’agit d’une charte rédigée sur parchemin, datée de 1183, qui est fondamentale pour l’histoire du Prieuré Saint Valentin de Rouffach. Par cette charte, l’évêque de Strasbourg Henri Ier de Hasenbourg concède aux religieux du prieuré Notre-Dame des Champs de Metz une colline à Rouffach en vue de la fondation du prieuré Saint-Valentin de Rouffach et définit les statuts du futur prieuré.
Ce document est en latin médiéval, truffé de nombreuses abréviations et conventions orthographiques et je suis un bien piètre latiniste ! Aussi ai-je fait appel à l’I.A. Gemini / Google pour le traduire. Le résultat n’est certes pas satisfaisant, mais je compte sur des lecteurs compétents pour m’aider à l’améliorer : ce document, fondamental pour l’histoire du prieuré Saint Valentin de Rouffach est cité et reproduit dans de nombreux ouvrages sur le sujet, mais je ne l’ai vu transcrit en entier que dans l’ouvrage de Theobald Walter Urkunden und Regesten der Stadt Rufach (662-1350) de 1908, pages 6-8. C’est de cette source que provient la transcription que je propose. Quant à une traduction en français, je n’en ai pas connaissance. Celle que je propose après la transcription, doit être considérée comme un brouillon, maladroit sans doute, mais qui permet de saisir la teneur de ce précieux parchemin. Merci pour toute aide qui sera bienvenue pour l’améliorer…
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En 1183, l'évêque de Strasbourg a autorisé un groupe de moines de Metz à créer un nouveau monastère à proximité de Rouffach. Dans le même temps, il précise les règles qui permettront à ce nouveau monastère de coexister avec l'église paroissiale qui existait déjà sur place.
Dans le registre des lettres N°59 du Conseil de Nuremberg, conservé aux archives du district de Nuremberg, on trouve au folio 165 le brouillon (projet) d'une lettre datée du 26 juin 1507, adressée au prieur du monastère bénédictin de Rouffach. Cette lettre, remise à un citoyen démuni de Nuremberg nommé Michel MURNER, avait pour but de lui obtenir l'admission dans l’hôpital rattaché à ce monastère. Cet hôpital, fondé en l'honneur de saint Valentin, accueillait grâce à de pieuses fondations les personnes atteintes d'épilepsie.
Gérard MICHEL
Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.
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