Découvrez l'Alsace d'autrefois avec l'histoire de Rouffach, capitale de l'Obermundat.
Franz Baur fut maître d'œuvre municipal à Rouffach et la Ville lui confia en 1581 l’agrandissement de l’Hôtel de Ville. On lui doit quelques demeures remarquables édifiées au cours de sa présence à Rouffach, entre 1577 et 1591. Il réalisa également plusieurs puits, notamment celui qui se trouve aujourd'hui dans le parc de la Marseillaise de Guebwiller et celui de la rue du Marché de Rouffach, devant la Pâtisserie Urweiller. Il serait également le maître d'oeuvre de la maison dite À l'Éléphant portant la date de 1583 et l'emblème de la Corporation, un éléphant.
On ne sait très peu sur ses origines, sa formation ni ce qu'il est devenu après son départ de Rouffach.
Il est originaire d’Ulm. Il avait quitté sa ville natale après sa formation et son parcours de compagnon itinérant l’avait mené à Rouffach. Sa maîtrise du métier attira rapidement l’attention du Magistrat de la ville qui le nomma Werckmeister en 1577. Rouffach disposait alors de deux Werckmeister, maîtres d’œuvres, l’un charpentier et l’autre tailleur de pierre, responsables de l’entretien des ponts, des tours, des remparts et des bâtiments municipaux. Le tailleur de pierre avait également en charge la gestion des carrières de pierre de Rouffach, dont la réputation allait bien au-delà de Rouffach.
Franz Bauer conserva ses fonctions au moins jusqu’en 1591. Le 8 mai 1590 lui et deux confrères tailleurs de pierre, au nom de l’ensemble des tailleurs de pierre de l’Obermundat, dépose une demande devant le Magistrat pour que soient bannis de la ville et de la seigneurie tous les charpentiers et maçons welches. La Ville se déclare incompétente à régler ce litige. (A.M.R. BB 16)
Y a-t-il un rapport avec ce qui précède : l’année suivante, en 1591, Franz Bauer demande à être radié de la bourgeoisie de Rouffach. Sa demande est acceptée, mais il devra avant de quitter la Ville, terminer ses travaux à l’auberge du Saumon… (A.M.R. BB 15)
A-t-il vraiment quitté la ville ? Quelle a été la suite de son parcours ? On n’en saura pas plus, pour l’instant !
Daniel MAURER invite un groupe d'amis et d'amateurs d'orgue à une présentation de l'orgue historique de Rouffach et donne l'occasion aux amateurs de musique de la région de participer à ce moment de partage.
Les archives de Rouffach sont très discrètes sur un évènement qui pourtant a été, en Alsace et dans toute l’Europe, à l’origine d’un bouleversement profond : la Réforme.
La Réforme pénètre très tôt en Alsace et s’y implante rapidement. Elle fut atteinte, dès1520 par les écrits de Martin Luther, diffusés par les imprimeurs strasbourgeois favorables aux idées nouvelles. Même si la majorité des membres du Grand Chapitre, les chapitres de Saint-Pierre-le Vieux et de Saint-Pierre-le-Jeune comme une bonne partie du clergé traditionnel se refusèrent à embrasser la Réforme, l’évêque de Strasbourg, Guillaume de Honstein ne parvint pas, malgré sa résistance, à freiner le mouvement de renouveau. Le protestantisme s’impose à Strasbourg, Mulhouse, Colmar et Munster. À la fin du XVIème siècle, un tiers de l’Alsace est devenu protestant.
Après la Guerre des Paysans, des anabaptistes affluèrent à Strasbourg, ville ouverte et tolérante. Refusant le baptême des enfants, ils rebaptisent leurs adeptes, d’où le nom Täufer, Wiedertäufer ou Anabaptisten (issu du grec ecclesiastique ἀνά βαπτίζειν / aná baptízein, signifiant « baptiser à nouveau ). Ils refusent de prêter serment aux autorités civiles et de monter la garde, et excluent tout service militaire pour un chrétien.
Le mouvement des mennonites, une communauté religieuse protestante issue de l'anabaptime du seizième siècle se développa au dixseptième à la suite de violentes répressions, ce qui explique l'importance de l'Alsace pour les mennonites d'aujourd'hui.
C'est également en Alsace que se produisit le schisme de Jakob Amman, fondateur du mouvement amish en 1693
Pour compléter le dossier sur l'inscription, datée 1444, découverte sur le mur nord du choeur de l'église Notre Dame de Rouffach lors des travaux de restaurations au printemps 2024, je propose un document de 1472, conservé aux archives municipales de Rouffach, qui permet d'imaginer ce qui est (peut-être) encore caché sous le décor peint du XIX ème siècle et dont la prospection a été reportée à une date indéterminée...
Sur ce document, une note au bas de la page, à gauche, rappelle la totalité de ce texte:
Testimonium vel privilegium
Parochialis ecclesiae Rubeacen :
Anno Dmi. 1338 in conversione Pauli, fuit interfectio judeorum.
Anno Dmi. 1309 in die Hilarÿ fuit combustio Judeorum.
Témoignage ou privilège de l’église paroissiale de Rouffach :
Cosmographia Universalis
Dans un article consacré à Rouffach sous la Terreur, nous avons pu mesurer le courage des femmes de Rouffach face aux révolutionnaires : une première fois lorsqu’elles ont pris la défense d’un malheureux contre le Wachtmeister TÖNLEN, de sinistre réputation, et une autre, en saccageant et renversant la « Montagne » érigée par les Patriotes dans l’église paroissiale, rebaptisée Temple de la Raison.
Une autre action courageuse leur aurait valu, plus de 7 siècles auparavant, en 1105, un privilège rare : celui d’occuper lors des célébrations à l’église paroissiale Notre-Dame, la place réservée habituellement aux hommes, le côté droit de la nef. Dans le recueil Sagen und Geschichten aus deutschen Gauen, August Stöber (1808-1884), rapporte une vision des faits, romantisée par la tradition populaire, édulcorée par l’usure du temps et qui relève, elle de la légende : Die Weiber von Rufach.

Gérard MICHEL
Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.
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