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Rouffach, ville au passé romain

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Détails
Catégorie: Topographie
  • Pierre Paul FAUST

Bulletin de Liaison

Février 1978

Rouffach, ville au passé romain

Pierre Paul FAUST

Gilbert MEYER

Pierre BRUNEL

 

L'HISTOIRE ARRACHÉE AU SOL

Rouffach, cité chargée d'histoire ! Voilà une affirmation qui prend tout son poids à la suite des découvertes archéologiques en cours à l'occasion des travaux d'aménagement de la place de la République.

En effet, notre livre d'histoire locale vient de s'ouvrir à un chapitre contesté il n'y a pas tellement longtemps encore : la présence romaine.

Placées sous la surveillance et financées par la Direction des Antiquités Historiques d'Alsace, les fouilles ont débuté modestement par la vérification de tombes partiellement apparentes, en bordure ouest de la place. On sait que l'espace autour de l'église servit tôt déjà comme cimetière et ceci jusqu'à la Révolution française. Tous les genres de sépulture en usage au moyen-âge ont été découverts: des simples tombes en pleine terre, à celles à dalles en pierre dressées et aux sarcophages monolithes.

Puis c'est la découverte de l'ancien centre urbain de l'époque gallo-romaine.

Il est assez exceptionnel pour une ville de pouvoir présenter, sur un espace restreint, son évolution sur près de deux millénaires. Ceci en plus dans un cadre architectural presque unique en Alsace.

Voilà un enrichissement certain de notre capital culturel.

Des découvertes antérieures ont prouvé que le site de Rouffach était déjà occupé par l'homme aux temps les plus reculés. Les âges de la pierre et des métaux ont laissé leurs traces.

Dans la zone actuelle des fouilles, la préhistoire semble également se manifester. C'est couche par couche que les travaux permettront d'approcher le passé de notre ville.

Si l'ère romaine livre les vestiges les plus importants : soubassements d'immeubles, fragments de céramique diverse, éléments décoratifs, stèle funéraire, puits, etc.., on trouve également, dans la partie sud, vers l'ancien hôtel de ville, des traces de l'époque mérovingienne, du moyen-âge, ainsi que d'activités plus récentes.

Tous les objets récoltés viennent grossir les collections publiques qui, nous l'espérons pourront être présentées au public dans un avenir plus si lointain, dans le musée en cours d'installation grâce aux efforts de la Municipalité et de la Société d'Histoire et d'Archéologie du canton de Rouffach.

Au point de vue scolaire, ce chantier de fouilles apporte un complément d'instruction fort apprécié par les enseignants et par les élèves. Certains y prennent une part active en participant au travail (C.E.S. - Lycée Agricole). L'histoire devient ainsi palpable pour eux et ne reste pas uniquement du domaine livresque.

L'intérêt de ces découvertes dépasse le cadre local comme en témoigne le grand nombre de visiteurs venant parfois de fort loin.

Que soient remerciés tous ceux qui d'une manière ou d'une autre soutiennent l'équipe des fouilleurs et participent à la réussite de notre entreprise d'intérêt public. Puissent les Rouffachois prendre conscience du grand passé qu'est le leur, passé dont ils peuvent à juste titre être fiers.

Quoiqu'il en soit, les résultats déjà obtenus sont très encourageants. Un grand travail d'analyse, d'études comparatives, de tri, de restauration reste à fournir. Il est prévu de vous informer, ici-même, de l'avancement de ces investigations.

 

P.P. FAUST

Archiviste Municipal

Correspondant des Antiquités Historiques d'Alsace.

 

 

ARCHÉOLOGIE ET ARCHITECTURE

 

L'ensemble de la place de l'Église peut être considéré comme une vaste zone archéologique. La fouille exhaustive du site ne peut évidemment être envisagée ; les tranchées de mise en place des câbles de l'éclairage public et des canalisations ont été autant de tranchées de sondage qui ont permis de situer les points les plus denses de l'occupation romaine et médiévale. Ces secteurs sont dénommés selon l'ordre chronologique de leur découverte R.1 – R.2 et R.3.

Le secteur R.1 situé devant la halle aux blés, à l'E. a été localisé, il y a quelques temps déjà. Lors de la mise en place de la citerne à mazout enterrée, des maçonneries romaines, en petit appareillage ont pu être observées. Un sondage en profondeur pratiqué devant l'entrée du garage des voitures des pompiers, a rendu évident une occupation romaine probablement de la fin du 1er siècle. Une grande dalle taillée et munie d'une rigole a été mise à jour. Une stratigraphie profonde a été relevée.

Le secteur R.2 Situé au S. de l'Église paroissiale, est actuellement clôturé et partiellement couvert ; il fait l'objet de recherches approfondies. Le plan des structures romaines a pu être relevé et l'ensemble des constructions a été dégagé. Il reste à préciser l'emplacement de quelques murs et à compléter les coupes stratigraphiques. Malgré l'apparente régularité du plan, on se trouve en présence d'un ensemble complexe qui comporte plusieurs phases de remaniement.

À côté de l'Église s'étend une grande salle (zone 1 et 5 du plan masse) dont les murs S. et O. ont été délimités. Le dégagement complet de la pièce n'est pas possible, car il convient de ménager absolument les arbres séculaires qui agrémentent la place. Cette salle présente, encore partiellement conservé, le niveau d'origine constitué par une dalle en béton, décorée par des plots de pierres dures, espacés régulièrement. Les murs étaient enduits à l'origine par un crépi très fin de couleur chaux blanche, dont subsistent des vestiges.

À l'E. de l'aire fouillée, se situent deux autres salles (2 - 3 - 4) incomplètement explorées pour le moment. Il reste à préciser la disposition des murs extérieurs ainsi que la cloison de refend. Dans la surface (2) se trouve un puits (puits 1) maintenant abrité par un regard en béton. La gaine est maçonnée en pierres sèches, de petit appareillage. Il est comblé par des matériaux divers de grande importance archéologique, qui s'échelonnent pour la partie fouillée, du XVe au XVIIe siècle. Ce puits d'origine romaine a été en usage durant tout le moyen-âge.

La pièce (6) qui s'étend au S. de la grande salle (5 – 1) est relativement bien conservée, les murs ont encore une hauteur moyenne de 0,80 m. Cette salle était chauffée par le sol, par hypocauste, la preuve en est fournie par la dalle inférieure avec les traces des pilettes. Elles étaient formées par des dallettes rondes ou carrées, liaisonnées par de l'argile. Le niveau de la suspensura et du niveau d'utilisation supérieur, peuvent être encore définis par le décrochement que présentent les murs périphériques. La salle de chauffe initiale se situait à l'extérieur de la pièce, dans l'angle S.O. Postérieurement, un autre praefurnium (P.1) a été mis en place à l'O. et le local de chauffe a subi une transformation et fut équipé lui aussi d'un système de chauffe par le sol, avec praefurnium indépendant (P.2).

 

 

 

 

 

 

 

Ces deux ouvrages de chauffe sont implantés dans une cour (9 – 10) qui longe le bâtiment principal à l'O. Elle abrite en outre, un second puits également appareillé en maçonnerie de pierres sèches, en petit appareillage. Au S. de la cour, ont été décelées des tombes du haut moyen-âge, dans un niveau bas ; au-dessus, quelques tombes tardives du XVIIe siècle. Une coupe stratigraphique a révélé une superposition de niveaux romains dont le plus ancien remonte à la fin du 1er siècle. Au S. de la salle 6 avec hypocauste, s'étend une seconde pièce (7) entièrement dégagée, dont l'entrée se faisait au N. par une double porte. Le seuil avec ses deux crapaudines en est conservé. Le niveau d'utilisation est formé d'une dalle massive en béton. Cette pièce était richement décorée par des enduits muraux, très fins, de couleur rouge. Au S. de la cour et de la salle (7), existe un grand volume, partiellement fouillé, qui s'étend en dehors de l'espace clôturé.

La zone R.3, située au milieu de la place, entre la halle aux blés et le presbytère, est la continuité S. de la zone R.2. Les deux grands murs orientés N.S. font partie du même ensemble construit. Les niveaux de remblais sont identiques. Un mur orienté E.O. a été observé lors des travaux de canalisation : il forme un angle à 90° avec un des murs principaux. Dans l'angle de ce bâtiment romain est implanté au moyen-âge l'ossuaire, qui a disparu au XVIIIe siècle. Les travaux de décapage préliminaire à l'aménagement de la place ont mis à jour des tombes du haut moyen-âge, en cistes appareillées par des dalles provenant de démolition de monuments romains, dont la belle dalle sculptée, une stèle funéraire gallo-romaine et le soubassement d'une fontaine. Les tranchées de sondage ont rendu évident un fort niveau d'occupation du haut moyen-âge ainsi qu'une maison romaine, construite en matériaux légers en pan de bois. Dans cette zone a été repéré un atelier de fonderie de bronze, d'époque moderne : il s'agit peut-être des résidus provenant du coulage de cloches. Après l'exploration complète de la zone R.2, il est nécessaire de procéder à la fouille approfondie de la zone R.3, qui s'avère particulièrement intéressante. Elle apportera de nombreux renseignements sur l'occupation de l'époque de transition entre l'antiquité romaine et le moyen-âge, même si les structures construites ont été bouleversées postérieurement.

Une pile médiévale. À l'E. de la zone R.2 grillagée, à la hauteur de la sacristie, se trouvait une forte pile en grand appareillage, conservée sur la hauteur d'une assise. Dans le blocage étaient noyés des fragments d'un grand chapiteau cubique roman. Ce dispositif semble remonter au XIIIe siècle.

Les matériaux archéologiques recueillis dans l'ensemble de ces fouilles attestent une implantation romaine de très grande importance, d'une richesse exceptionnelle. Cet établissement était somptueusement aménagé, les sols agrémentés par des mosaïques géométriques et les murs recouverts de marbre de diverses couleurs, importés d'Italie. Les enduits décoratifs présentaient des couleurs vives, rehaussées par des motifs très fins, géométriques ou figuratifs. Les fragments de ces décors retrouvés, attestent l'étalage d'un luxe très raffiné. Parmi les vestiges les plus communs, on note la présence de toute la gamme des matériaux de construction habituelle aux romains. Cette époque employait à profusion la terre cuite sous toutes ses formes : tuiles romaines à rebords et de recouvrement (tegula et imbrex), dalles de suspensura, pilettes d'hypocauste, fragments de tubuli, cet accessoire indispensable du système de chauffage romain. De nombreuses tessères de mosaïque parsèment le site, elles sont en pierre dure ou en pâte de verre, soigneusement taillées.

Jusqu'à présent, le matériel céramique retrouvé est très sporadique et peu abondant ; aucun dépotoir, ni fosse n'ont été retrouvés. Cependant, il faut signaler plusieurs tessons de poterie sigillée, cette céramique rouge de très bonne qualité, qui est l'équivalent de notre porcelaine actuelle.

Plusieurs fonds avec estampilles, de potier et surtout un profil de bol de type Drag. 37, avec le décor moulé d'un gladiateur en armure, datant du milieu du IIe siècle. À noter également des terrons d'amphores, d'amphorettes, de terra nigra et fragment d'une tête de statuette en terre blanche caractéristique des officines de l'Allier. La céramique médiévale est faiblement représentée par quelques fragments s'échelonnant du haut moyen-âge jusqu'au XVe siècle.

L'élément sculpté d'architecture romaine (illustration page de titre du bulletin) mérite une attention toute particulière, il est en grès jaune local, ce qui prouve qu'à cette époque les carrières de Rouffach étaient déjà exploitées.

Cependant ce n'est pas un artisan indigène qui l'a réalisé, mais un artiste de grand talent, venu dans notre région ; il s'agit en quelque sorte d'un « art importé». Ce remarquable fragment d'architecture antique nous est parvenu dans un état de conservation remarquable. Le décor se répartit sur deux zones : une frise borde un panneau central, le retour de la pierre est également décoré, ce qui prouve un emploi monumental. La frise est meublée d'un rinceau de vigne avec feuilles, grappes de raisin et vrilles, la taille est d'une souplesse et d'un réalisme saisissant. La faible épaisseur du relief sculpté en méplat semble appartenir aux arts mineurs; on peut songer à un travail sur ivoire ou plutôt sur métal précieux, agrandi démesurément, afin d'atteindre le monumental. La frise paraît plutôt ciselée que taillée dans la pierre. La décoration du panneau central est conservée partiellement, elle est à base de feuillages, de très forte densité plastique ; les masses sont réparties dans une composition savamment équilibrée, le peu de relief a permis à l'artiste un modelé d'une grande douceur. La technique est issue également, comme pour le rinceau de pampres, des arts précieux. Les feuilles semblent repoussées dans une tôle mince ; on retrouve nettement cette transposition de l'infiniment petit à une échelle monumentale. Une rosace inscrite dans un cadre octogonal complète le décor. L'intérêt de cette sculpture est considérable et dépasse le cadre régional ; c'est une œuvre majeure, comparable aux plus belles réalisations romaines retrouvées à Strasbourg, Metz ou Langres.

 L'artiste « Rouffachois » côtoie la perfection. Il faudra attendre plus de 1000 ans pour qu'en Alsace réapparaisse un art qui soit qualitativement comparable. Ce n'est qu'à l'époque de transition romane gothique vers 1230 qu'éclot et fleurit à Strasbourg, un atelier digne du prédécesseur romain. Il est par ailleurs troublant de constater la persistance du motif du rinceau de vigne chargé de raisins et de le retrouver au milieu du XIIIe siècle, en pleine période romane, par exemple : à Schwartzenthann près de Wintzfelden.

 G.MEYER

Correspondant des Antiquités Historiques d'Alsace

 

 

Dessins : P. FRANCHESQUIN


Les INHUMATIONS MÉDIÉVALES

Si, primitivement, il est à peu près certain que la nécropole entourait l'église Notre-Dame, il semble que, peu à peu, elle se soit restreinte au côté Sud de l'édifice, à l'emplacement de l'actuelle place de la République.

De ce cimetière, trois constituants sur lesquels s'articulait son schéma ont été reconnus.

 L'OSSUAIRE :

Matérialisé par un local quadrangulaire d'origine gallo-romaine et réaménagé pour sa nouvelle fonction au moyen-âge, il contenait une énorme quantité d'ossements, principalement crânes, tibias et fémurs, entassés avec soin et très régulièrement.

Un problème reste actuellement insoluble. En effet, il est mentionné dans les sources écrites et sur les anciens plans concernant ce cimetière, l'existence d'une chapelle St-Nicolas. Cependant, rien de décisif n'a été mis au jour et l'on peut se demander si la chapelle et l'ossuaire constituaient deux éléments distincts ou bien, comme c'est souvent le cas, une seule structure cumulant les deux fonctions : en sous-sol, un ossuaire et au rez-de-chaussée, une chapelle. Nombre d'exemples comparables existent en Alsace, notamment à Wihr-au-Val, Kaysersberg et Colmar.

 Le MUR DE CLOTURE :

Bien que non dégagé actuellement, il a été repéré à plusieurs reprises sur la face Ouest de la Place, dans le prolongement de l'église, en direction de l'ancien Hôtel de Ville. Ce mur tardif entourant la nécropole jouait en quelque sorte le rôle de frontière entre morts et vivants.

 LES SÉPULTURES :

Trois groupes de sépultures ont été relevés.

Dans le secteur R3, qui semble, pour l'instant, le plus ancien, elles occupaient le site gallo-romain en le bouleversant plus ou moins totalement. En attendant les fouilles futures de ce secteur, elles peuvent être placées dans le courant du Haut-Moyen-âge.

Le secteur R2 nous a donné le plus grand nombre de tombes et la suite chronologique de l'occupation du cimetière. Côté Ouest, à l'extérieur de l'espace clôturé, un groupe d'une dizaine de tombes pouvant se situer entre le IIe et 13e siècle ont été fouillées dès les premiers jours. À l'Est, à l'intérieur du volume grillagé, ce sont des tombes plus tardives qui ont été étudiées. Superposées en plusieurs niveaux, elles s'échelonnent de la fin du 16e au début du 17e siècle à la fin du 18e.

Du Haut Moyen-âge au 13e siècle, les mêmes matériaux et les mêmes techniques se perpétuent, à quelques caractéristiques près.

La phase la plus ancienne est matérialisée par des sépultures en pleine terre avec coffrage ou calage en pierre de la tête, ainsi que par des tombes en dalles de grès posées de champ et accolées.

La phase intermédiaire se signale par des tombes en pleine terre, mais sans calage de la tête, par des tombes en ciste, des sarcophages en dalles assemblées ou des sarcophages monolithiques.

La phase finale se concrétise par l'abandon de la pierre au profit du cercueil en bois. Les sépultures en pleine terre semblent toujours de mode, quoique plus rarement. Ce sont surtout les tombes d'enfants en bas âge qui en témoignent.

La tombe en pleine terre est le mode d'inhumation le plus simple et se rencontre souvent. Le corps est simplement déposé au fond d'une fosse, à même la terre, la tête occasionnellement calée.

La tombe en cercueil est un mode de mise en terre très courant. Celui-ci est trapézoïdale ou rectangulaire. Ses parois sont assemblées par des clous, (très nombreux sur le site) ou par des chevilles en bois.

 

…/…

La tombe en ciste est constituée d'un assemblage de petits blocs de pierre plus ou moins plats, débités plus ou moins régulièrement. Elles sont approximativement quadrangulaires et ne possèdent, en guise de fond, qu'un sol en terre battue. Elles sont couvertes par une ou plusieurs dalles et, dans certains cas, nous avons constaté l'existence d'un liant en argile jaune. (tombes 6, 8, 12).

Le sarcophage en dalles assemblées se présente sous deux modèles. Le premier plus courant est constitué d'un caisson composé de dalles planes en grès de Rouffach, débitées au burin et mises en place verticalement. Un ou plusieurs éléments constituent les côtés longitudinaux et le couvercle, tandis que chevet et pied de tombe se composent d'une seule dalle, plane également. Le fond est en terre probablement tassée ou battue. Détail intéressant, on trouve certains modèles avec calage des parois par des blocs parallélépipédiques mis en place au pied des dalles. À noter aussi l'usage d'un liant en argile jaune. (tombes 2, 3, 10).

Le second modèle suit le même schéma, à un détail près : l'existence d'une cavité céphalique. Ici, la tête est calée et protégée par une réservation demi-circulaire aménagée dans un seul bloc (tombe 9) ou deux blocs accolés. (tombe 1)

Le sarcophage monolithique, comme son nom l'indique, est taillé dans un seul et unique bloc de pierre. Massif et impressionnant, de forme trapézoïdale, il présente une alvéole céphalique demi-circulaire ou quadrangulaire destinée à recevoir le chef, et un trou d'écoulement perçant le fond du sarcophage de part en part, approximativement au centre. Cet orifice était destiné à permettre l'évacuation des humeurs se formant au cours de la décomposition organique. Ce genre de sépulture possédait également un couvercle monolithique.

En règle générale, les corps reposent tous sur le dos. Seules quelques tombes présentent des différences dues au sol instable. Constitué de matériaux de démolition, ce dernier a subi des affaissements localisés ayant entraîné le déplacement progressif des cadavres.

La tête est affaissée soit sur le côté gauche, soit sur le côté droit, ou encore sur la poitrine.

Les jambes sont parallèles, quelques fois jointes.

Les bras reposent souvent le long du corps ou bien, les bras le long du corps avec les avant-bras ramenés soit sur le pubis - mains superposées - soit sur l'estomac parallèlement l'un à l'autre -mains pendant sur les côtés, soit sur la poitrine - mains superposées ou croisées en prière -. Plus rarement, nous avons relevé le cas où un bras est posé le long du corps et l'autre ramené sur l'estomac ou le pubis. Un seul cas présentait les bras le long du corps, mains coincées sous les cuisses.

Le mobilier, quant à lui, est plutôt rare. Ce sont les sépultures les plus récentes qui en ont donné. Il consiste dans la plupart des cas, en agrafes, passe-lacets, anneaux en os et boutons. Ceux-ci ont permis de constater que les corps étaient inhumés, selon les circonstances, soit vêtus d'effets vestimentaires, soit dans un linceul, bien que ce terme ne soit pas totalement approprié. En effet, anneaux et passe-lacets semblent plutôt provenir de chemises funéraires s'approchant, dans leur aspect, de la chemise de nuit, fermées du nombril jusqu'au cou ou de la poitrine à la gorge, par un système d'agrafage, de boutonnage ou de laçage.

Quelques boucles de ceintures ont été également découvertes, ainsi que des chapelets en buis ou en os, des monnaies provenant de sépultures plus anciennes bouleversées, et quelques rares médailles religieuses.

 

Pierre BRUNEL

Correspondant des Antiquités Historiques d'Alsace.

 

 

Transcription et mise en page :  Gérard Michel oct.2026

Article publié le 22 octobre 2026 par Gérard MICHEL.

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L'auteur

Gérard MICHEL

Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.

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