Obermundat logo

Menu
  • Institutions
  • Justice
  • Médecine
  • Métiers
  • Paysannerie
  • Personnages
  • Quotidien
  • Religion
  • Topographie

Obermundat logo

Connexion
Connexion
  • Institutions
  • Justice
  • Médecine
  • Métiers
  • Paysannerie
  • Personnages
  • Quotidien
  • Religion
  • Topographie

L'Ohmbach

0
Détails
Catégorie: Topographie
  • Denis Heissler
  • Lohbach

l'Ohmbach à Rouffach  (photo juin 1962 Gérard Michel)

Un moulin sur l'Ohmbach... Denis Heissler 

L'Ohmbach, issu d'une courte vallée vosgienne, est un affluent de la Lauch dont une branche canalisée traversait jadis la vieille ville de Rouffach. Plusieurs publications, sur ce site et ailleurs,[1] ont traité de ce ruisseau. Cet article, qui concerne la partie haute de son cours, est le résultat d'observations effectuées lors de nombreuses sorties sur le terrain et de la consultation de la riche documentation disponible.

L'origine du ruisseau

L'environnement dans lequel se forme l'Ohmbach a été décrit de nombreuses fois : des ruisseaux dévalent les pentes granitiques dominant la dépression de Wintzfelden et, lorsqu'ils atteignent le sol calcaire, nombre d'entre eux se perdent dans les fissures et les formations karstiques du sous-sol avant de resurgir plus loin… L'Ohmbach apparait à l'est de Wintzfelden dans un vallonnement entre le Blumenstein et le Heidenberg.

A peine sorti de terre, il est rejoint en rive droite par le Baerenbach.[2] Ce ruisseau, qui vient des pentes du Rundkopf dans l'enclave forestière de Rouffach, longe Wintzfelden au sud puis passe sous la route de Soultzmatt à l'entrée du village. Autrefois, il disparaissait dans une perte en contrebas ; aujourd'hui son lit évite cet obstacle[3] puis suit le Ziegelweg.[4] Avant de franchir ce chemin pour rejoindre l'Ohmbach, il est parfois grossi par un affluent venu des prés voisins. Plus bas, l'Ohmbach reçoit le Blumensteinbach et, juste après le pont de la route de Soultzmatt à Wintzfelden, le Kaltebach issu du vallon de Thannwiller.

 

Le premier et le troisième affluent de l'Ohmbach - A gauche : Le Baerenbach à l'entrée de Wintzfelden, avant le pont de la route de Soultzmatt. A droite : le Kaltebach sort du vallon de Thannwiller pour longer la route de Wintzfelden à Soultzmatt, côté sud (Photos DH ; Fév. 2016).

 

L'Ohmbach entre le Blumenstein et le Heidenberg (Photo DH ; Avr. 2016).

 

Confluent du Blumensteinbach avec l'Ohmbach vu depuis le chemin du Blumenstein. En haut à gauche, on aperçoit la route de Soultzmatt à Wintzfelden le long de laquelle coule le Kaltebach (Photo DH ; Fév. 2019).

La Hagenmuehle

L'Ohmbach passe ensuite sous la route qui va vers Lautenbach dans la vallée de la Lauch. A proximité se trouve un parking à l'extrémité orientale duquel, près d'une passerelle sur le ruisseau, un panneau rappelle le souvenir de la Hagenmuehle,[5] un moulin aujourd'hui disparu. De nombreux visiteurs, et certains auteurs, en ont déduit que l'ouvrage de prise d'eau – avec son déversoir en plan incliné – qu'ils avaient sous les yeux était un vestige de ce moulin. En réalité, la Hagenmuehle, encore présente en 1970, se trouvait à environ 150 mètres en amont, le long de l'avenue Nessel, et donc en rive gauche de l'Ohmbach alors que l'amorce du nouveau canal, visible en haut du déversoir, et une vanne dans son prolongement sont en rive droite.

Cette prise d'eau est donc celle du long canal qui passait au-dessus des Bains de Soultzmatt, dont il agrémentait les jardins,[6] et qui, avant de retourner à l'Ohmbach, actionnait la Saegmuehle, une scierie à laquelle étaient associés un moulin à farine ainsi qu'une ribe et une presse à huile[7]. Ces "usines", aujourd'hui disparues, auxquelles on accédait depuis l'actuelle avenue Nessel par un pont sur l'Ohmbach, étaient situées en face de l'oratoire Notre-Dame[8] et à l'est des bâtiments des Sources de Soultzmatt tels qu'ils étaient jusqu'au début des années 1980.

Quant au canal de la Hagenmuehle, des documents anciens[9] montrent qu'il commençait à l'ouest de la route de Lautenbach, qu'après être passé sous cette route, il longeait le moulin au sud et qu'il retournait à l'Ohmbach peu avant l'ouvrage de prise d'eau dont il est question plus haut.

 

Vue d'ensemble de la prise d'eau de l'ancien canal de la Saegmuehle. L'Ohmbach entre dans l'ouvrage à droite et s'écoule au bas de la photo. On voit : à droite le massif de la vanne qui contrôlait le débit prélevé sur le ruisseau ; au centre, le déversoir et au-dessus le début du canal ; à gauche le portique d'une vanne sur le canal (Photo DH ; Fév. 2019).

Schéma de la prise d'eau de l'ancien canal de la Saegmuehle (Dessin DH ; Août 2026)

 

Vue du haut de la prise d'eau. Derrière la vanne, la trace du canal de la Saegmuehle, désormais à sec, est encore bien visible. En bas à gauche de la photo, le même canal encore en eau, mais barré, et le déversoir. L'Ohmbach s'écoule sous la passerelle (Photo DH ; Fév. 2019).

Entre Saegmuehle et avenue de la Cité

La majeure partie de l'espace entre l'ancien pont de la Saegmuehle et l'avenue de la Cité a été occupé jusqu'au début du 21e siècle par deux anciennes usines textiles – la Filature et Tissage de Soultzmatt,[10] dite usine du haut, et la Société Industrielle pour la Schappe,[11] dite usine du bas – alors que son extrémité occidentale a vu pendant le dernier quart du 20e siècle la construction d'une partie des bâtiments modernes des Sources de Soultzmatt.[12] L'Ohmbach était donc caché dans ce secteur et son tracé n'était pas toujours bien connu.[13]

Pourtant, le plan cadastral de 18179a le représentait déjà, avec une bonne précision. On y voyait aussi les bâtiments de la Saegmuehle et ceux, disposés en U, de l'usine textile Hartmann-Weiss, future usine du haut. Plus à l'est figurait, en rive droite, le canal qui actionnait la Hinterwassermuehle,[14] un moulin disparu.

Près d'un siècle et demi plus tard, autour de 1960, un plan[15] des deux usines textiles montrait le tracé de l'Ohmbach, qui n'avait pas varié depuis 1817, et celui de ses deux canaux de dérivation. Deux canaux parce qu'un canal supplémentaire avait été creusé au 19e siècle pour alimenter la seule usine présente à cette époque. Il s'intercalait en rive droite entre le pont de la Saegmuehle[16] et le début du canal de la Hinterwassermuehle. Dans la deuxième moitié du 19e siècle, sous la conduite de F. Kessler Fils, l'usine a connu un important développement sur l'Ohmbach qui a été largement couvert. Mais sa démolition en 2018 a permis la remise au jour du ruisseau à l'ouest des bâtiments disparus. Plus à l'est, l'usine du bas, dont les débuts sur le domaine de la Hinterwassermuehle remontaient aux années 1850 et dont l'usine à sheds des années 1870 était installée au nord de l'Ohmbach, avait été démolie dès 2005.

 

A gauche : Avenue Nessel - Vue vers l'est de l'Ohmbach récemment rouvert. Les bâtiments de l'usine du haut s'élevaient à l'extrémité de cette ouverture (Photo DH ; Jan. 2024). A droite : Encore plus à l'est, là où commençait le canal de la Hinterwassermuehle, mur de rive méridional de l'Ohmbach avec vestiges d'une voûte et d'une vanne (Photo DH ; Mai 2023).

                                                                                  

Denis Heissler. Septembre 2026

voir également du même auteur:

Le Lohbach, l'autre affluent de la Lauch à Rouffach

 

Références et notes

[1] (a) J. Ehrhart. "Si l'Ohmbach m'était conté…" 1994 ; Club Vosgien - Rouffach. (b) R. Brun. "Histoire des moulins de Soultzmatt." Annuaire de la Société d'histoire et d'archéologie du canton de Rouffach ; 2010, n° 4, p. 6-12. Et plusieurs autres articles dans cet Annuaire. (c) G. Poinsot et al. "Soultzmatt-Wintzfelden. Au cœur de la Vallée Noble." 2015 ; I.D. L'Edition - 67210 Bernardswiller. (d) D. Crouan. "A la découverte de l'Ohmbach." 2020 ; Société d'histoire et d'archéologie du bailliage de Rouffach.

[2] (a) La dénomination Bärenbach est utilisée sur le "Plan et Arpentage du Ban de la Wallée et Dépendance de Sultzmatte Bailliage de Rouffach" (cantons 67 et 128) ; Archives d'Alsace - Colmar ; cote 5C 1174/05. [En ligne] archives68.alsace.eu ; (b) Le Service national d'administration des données et référentiels sur l'eau (Sandre) utilise curieusement "Baren Bach". Il ne faut pas confondre le Baerenbach avec le ruisseau du Baerenthal au nord d'Osenbach.

[3] Réf. 1a ; p. 52 et 54.

[4] Ziegelweg : chemin des Tuiles. Ce chemin part de la route de Soultzmatt à Wintzfelden et se dirige vers Osenbach. Sur le plan cité en Réf. 2a, le canton 55  au sud du chemin s'appelle Ziegel Acker (champ des tuiles). Une tuilerie y est mentionnée sous la lettre C (listée après le canton 155) : "Enclos de la tuillerie ditte Thalacker".

[5] Les règles de la langue française voudraient que j'écrive "le Hagenmuehle" étant donné qu'il s'agit d'un moulin. Le germanophone que je suis aussi ne peut s'y résoudre. On peut remarquer que pour "l'usine" suivante, les mêmes règles m'autorisent à écrire "la Saegmuehle" puisqu'il s'agit d'une scierie.

[6] Probablement est-ce le canal que l'on voit sur la lithographie "Vue des bains de Soultzmatt" de J. Rothmuller et E. Simon ; 1853 ; Cabinet des estampes et des dessins - Fonds documentaires - Strasbourg. [En ligne] collections.musees.strasbourg.eu

[7] Réf. 1b ; p. 7 et 9-10. Ribe et presse à huile servaient à obtenir l'huile de noix.

[8] L'oratoire Notre-Dame domine l'avenue Nessel, côté nord. Sur une photographie reproduite dans l'article de R. Brun (Réf. 1b ; p. 10) on voit les bâtiments des Sources, la scierie avec ses grumes, le pont sur l'Ohmbach et, en face, l'oratoire. Voir aussi Réf. 1c ; p. 94.

[9] (a) Plans dits du cadastre napoléonien. "Tableau d'assemblage du plan cadastral parcellaire de la commune de Soultzmatt" ; 1817 ; Archives d'Alsace - Colmar ; cote 3P 851. [En ligne] archives68.alsace.eu ; (b) Carte d'état-major 1820-1866 ; moins précise que le document 9a. [En ligne] www.geoportail.gouv.fr ; (c) Voir aussi l'article plus récent et très documenté : Réf. 1b ; p. 7 et 9.

[10] Pour un historique détaillé, y compris des activités après le textile, voir : "Château dit Wasserstelzen, puis filature de coton Weberhof, puis filature et tissage de coton dite Filature et Tissage de Soultzmatt, puis Filature et Tricotage de Soultzmatt, puis usine de construction automobile CETEF, puis Südrad Roues France". L'Inventaire Général - Région Grand-Est. Dossier : IA68009572. Enquête initiale : 2012. Rédaction : 2019. Auteurs : F. Schwarz ; J. Raimbault. [En ligne] inventaire.grandest.fr

[11] Sur la placette de la Schappe, en bordure de la rue de la Vallée, un panneau rappelle depuis 2016 le souvenir et l'histoire de cette usine.

[12] Réf. 1c ; p.107 et 112.

[13] Il a toujours existé un court espace entre les nouveaux bâtiments des Sources et l'usine du haut où l'on pouvait constater que le ruisseau longeait l'avenue Nessel alors que certaines cartes le montraient plus proche des premières pentes du Pfingstberg. L'Ohmbach revenait ensuite au jour entre les bâtiments des deux usines textiles, là où il était plus proche du relief mais où il était inaccessible.

[14] Réf. 1b, p. 7 et 10.

[15] Plan reproduit dans la Réf. 1c ; p. 133. Source : Archives communales de Soultzmatt-Wintzfelden.

[16] Dans la deuxième moitié du 19e siècle, un moulin à plâtre était installé entre l'Ohmbach et le début de ce canal. Dans la Réf. 1a, p. 68, un croquis en représente les vestiges. Voir aussi Réf. 1b ; p. 7.

Article publié le 16 septembre 2026 par Gérard MICHEL.

Recherche

  • Comment chercher ?
  • Voir tous les titres

Mots-clefs

  • sorcellerie 25
  • Johannes Remus Quietanus 25
  • Quietanus 16
  • Jean-Michel VOGELGSANG 15
  • vin 14
  • église Notre-Dame 13
  • Thiebaut WALTER 12
  • Materne BERLER 12
  • Saint Valentin 11
  • Orgue 11
  • Voir tous les mots-clefs

Newsletter

Recevez au maximum une fois par semaine la liste des derniers articles.

captcha 

L'auteur

Gérard MICHEL

Ancien professeur de Lettres et passionné de paléographie, je partage sur ce blog le fruit de plus de 20 ans de travail autour de documents d'archives.

  • Me contacter

Aller plus loin

Cette page contient des liens vers des outils et sites partenaires autour de la paléographie, l'histoire et l'Alsace.

Vous pourriez aussi aimer...

  • L'armoirie à l'étoile de la rue Ullin
  • Denis HEISSLER: le Lohbach, l'autre affluent de la Lauch à Rouffach

© 2026 Obermundat